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    * ** *** Relevés des émigrants (hors Europe) originaires de Franche-Comté *** ** *
   
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labeille.fc[@]laposte.net

Familles de Migrants

Commune : Raze (70)
Département : France
   Date de l'acte : 12/01/1858
Intervenant 1 : 
   Nom : MENNEGLIER Félix Auguste Emile
   Sexe : Masculin
   Origine : Raze, Haute-Saône (70), Franche-Com
   Date de naissance : 12/01/1858
   Parents : 
      Nom du père : MENNEGLIER Félix
      Nom de la mère : NORMAND Claude Françoise
Références : 
Commentaire général : Famille ** ZZZ Patronymes commençant par M **
Naissance : 12 jan. 1858 Raze, Haute-Saône (70), Franche-Comté
Décès : > 1910
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* ** *** Commentaires généraux *** ** *

xxxxx://www.ancestry.fr/search/?name=Emile†F%C3%A9lix†Auguste_MENNEGLIER&count=10

Félix Augustin Emile MENNEGLIER (12 janvier 1858, Raze - ?), pour ainsi dire l'oncle d'Amérique, a déjà quitté le domicile familial de la rue des Cannes en 1876. Il a dix-huit ans mais il est absent du recensement qui a lieu cette année-là. Nous ne savons pas précisément ce qu'il fait pendant les dix ans qui suivent, sinon que, selon le bouche à oreille familial, il serait parti tenter sa chance en Amérique. Il est devenu pour ainsi dire 'l'oncle d'Amérique' de la famille Menneglier. Il semblerait qu'il ait donné des nouvelles pendant ce laps de temps. Ensuite, pour sa famille restée à Raze, il disparaît sans laisser de trace. Le 29 mai 1896, le tribunal d'instance de Vesoul ordonne l'ouverture d'une enquête 'à l'effet de constater l'absence du nommé Menneglier… disparu il y a environ dix ans', donc en 1886. Le 13 mai 1897, son père Félix, l'ancien maire de Raze, décède, et peu après, au moment de la succession, il est 'déclaré absent' :

Par jugement en date du 30 juillet 1897, le tribunal de première instance de Vesoul (Haute-Saône) a déclaré l'absence du nommé Menneglier (Félix-Augustin-Emile), cultivateur, né à Raze le 12 janvier 1858, fils de Félix et de Françoise Normand, domicilié en dernier lieu à Raze, d'où il est parti il y a dix-sept ans pour se rendre en Amérique, et qui n'a point donné de ses nouvelles depuis cinq ans.

A cette date, en 1897, donc, il est en prison en Californie pour avoir fabriqué et écoulé de la fausse-monnaie, ainsi que pour cambriolage.

Avant sa dernière arrestation en 1910 à San Antonio, Texas, il a effectué 4 séjours en prison, trois à San Quentin, matricules 14155, 4439 et 20013, et un à Folsom, matricule 3203.

Aux Etats-Unis, il n'utilise pas son premier prénom, Félix, qui est également celui de son père, mais son troisième prénom, Emile, prénom d'usage dans sa famille, comme en atteste le recensement de 1872 à Raze. Il est connu sous plusieurs identités mais avant ses déboires avec la justice, il utilise son vrai nom et apparaît donc sous le nom d'Emile / Elme MENNEGLIER (MENNENGLER, MENNEUGLER, MENNINGLER dans certains articles de journaux). Il se fera également appeler Emile LANGROUNET / LINGRONET / Elme LENGROGNET / LANGROGNET, LINGERO, LEAGRENOT – Langrognet est un patronyme extrêmement fréquent à Raze, c'est aussi le nom d'une arrière-grand-mère. Pour finir, il se décidera pour Auguste NORMANT, utilisant ainsi le patronyme de sa mère, NORMAND, associé à son deuxième prénom, Augustin, raccourci en Auguste, souvent anglicisé en August. Le 8 novembre 1902, un article du San Francisco Call mentionne trois identités : Emile Mennenglier, alias E. Lingronet, alias August Normant. C'est cette dernière identité qu'il adoptera pendant ce qu'on pourrait appeler sa deuxième période, après son arrestation au Texas en 1910. Un autre nom apparaît dans un article du Francisco Call du 22 juillet 1895 : Hendrick, associé au gang de faussaires Hildebrandt. On ne prête qu'aux riches, et il est bien possible qu'on lui attribue des faits ou des méfaits qu'il n'a pas commis, car ce Hendrick apparaît dans l'affaire Graham, une affaire de contrefaçon de billets de banque qui n'est pas du tout la spécialité de notre Menneglier.

Quant aux dates, d'après le jugement, il serait parti vers 1880, et les nouvelles auraient cessé vers 1892. En 1903, il a déjà fait 3 séjours en prison, ce qui expliquerait qu'il ait cessé de donner de ses nouvelles. Il est de nouveau condamné à 10 ans de prison en 1903.

Son âge : on lui donne environ 40 ans en 1902, ce qui le ferait naître en 1862, et il est né en 1858. Le registre de la prison de San Quentin mentionne en 1903 l'année exacte de sa naissance, et son âge, 45 ans. On le suivra jusqu'à sa sortie du pénitencier de Leavenworth en 1921. Il a alors 63 ans.

Taille : Fiche identité judiciaire de la prison de San Quentin : 5 feet (152,4 cm) 5 inches (12,7 cm) 7/8 (2,2 cm) = 1,673 m
Prison de San Quentin : 1,676 m – ainsi que d'autres mesures selon le système Bertillon (Report of state board of prison directors)

Sources :
• The San Francisco Call, The San Francisco Chronicle, The San Francisco Examiner, The Los Angeles Herald, The Wichita Beacon, The Daily Press (Topeka, Kansas), St Louis Republic, The The St Juan Islander, Kansas City Daily Gazette, Argus-Leader (Sioux Falls, South Dakota), Austin American-Statesman, Buffalo Times, The Missoulian (Missoula, Montana), The Pittsburg Headlight, The Springfield News-Leader (Missouri)
• Index to the Santa Clara County Sheriff
• The Journal of the Senate During the ... Session of the Legislature of the State of California

*** Les premières activités en Amérique ***

- 1886 : année présumée de son arrivée en Amérique (article du San Francisco Examiner du 3 novembre 1902 : arrivé il y a 16 ans).

- Il travaille à la Maison Dorée, un restaurant-traiteur ultra chic situé 217 Kearny Street, à San Francisco, qui existait déjà en 1870 mais fera faillite quelques années plus tard, en 1902. Serveur dans cet établissement, il en profite pour écouler auprès de sa riche clientèle les fausses pièces qu'il fabrique et pour voler des couverts plaqués argent. Il récupère l'argent par bain électrolytique pour en recouvrir par le même procédé les fausses pièces qu'il fabrique et écoule pour plus de 250 $ par mois. Il loge à la pension Mathieus, 111 Trenton Street où il est un 'locataire modèle' et est connu comme serveur et cuisinier.

- Sentant la police sur ses talons, il quitte précipitamment la pension de San Francisco, où il abandonne la malle dans laquelle seront découverts son butin et son équipement de faux-monnayeur.

- Il se réfugie à Los Angeles, où il s'associe à une bande de célèbres faussaires, dirigée par un certain Hildebrandt. Il est alors connu sous le nom de Hendrick, et on suppose que c'est lui qui apporte au gang ses connaissances techniques permettant de recouvrir d'argent les fausses pièces par le procédé de l'électrolyse.

- Ses revenus ne lui suffisant pas, il se lance dans le cambriolage. Cela va être le début d'une longue série de séjours dans les prisons américaines :

*** 1 - San Quentin 1

- 1890 (29 mai) : condamné à 2 années de prison à Saint-Quentin pour cambriolage du 1er degré par le tribunal du comté de Santa Clara. Numéro d'écrou 14155

- 1892 (30 janvier) : libéré de Saint-Quentin.

*** 2 - Folsom 1

- 1894 (28 juillet) : Tribunal du comté de Los Angeles, sous le nom d'Emile Lingronet, après avoir plaidé coupable, il est condamné par le juge Smith à 5 ans de prison à purger au pénitencier de Folsom, pour cambriolage du 1er degré de la laverie Anchor le 25 juin.

- 1895 (23 juillet) : pendant son séjour à la prison de Folsom, on l'identifie comme faussaire – il a laissé tout un outillage dans sa chambre d'hôtel avant de disparaître. Voici comment les choses se passent : Nous savons que, sentant la police sur ses talons, il a quitté précipitamment la pension dans laquelle il louait une chambre, sans même prendre le temps d'emporter sa malle, et se réfugie à Los Angeles, où il s'associe au gang Hildebrant, célèbres faussaires de la Californie du Sud à cette époque. Hildebrandt est lui-même arrêté au même moment, à San Francisco, le 13 juillet 1895 par les agents Dudley Harris et M. C. Harris. A plusieurs reprises, Emile tente de récupérer sa malle avec l'aide d'un ami. Ce dernier écrit au logeur sur lettre à en-tête d'une entreprise, la Wagniere Electric and Manufacturing Company, 148, Fifth Street, Los Angeles, et tente de récupérer la malle, prétendument aux frais de la Wagniere Company Son logeur, Mr. Mathieus considérait Emile Menneglier comme un locataire modèle, mais il veut recouvrer ses impayés et refuse de laisser partir la malle, et au bout de quelques mois, il se dit que son contenu pourrait peut-être le dédommager. C'est ainsi qu'il découvre le pot aux roses, à savoir 175 $ en fausses pièces dans un compartiment secret, ainsi qu'une fausse pièce de 5 $ en 'or' réalisée à partir d'un nickel – une pièce de 5 centimes –, les cuillers, fourchettes et couteaux volés à la Maison Dorée, des monocles, des jumelles de spectacle, des éventails, ainsi qu'un outillage complet de faussaire dont seize moules de la meilleure 'qualité qui soit, des limes de tout genre et de toute taille pour affiner le crénelage des pièces ainsi qu'une polisseuse qu'on considère comme 'la plus parfaite dans son genre'. On se rend compte que les fausses pièces d'excellent qualité dont la ville est inondée depuis quelque temps sont l'œuvre d'Emile Menneglier, connu également sous le nom d'Emile Lengrognet. La malle et son contenu une fois remises à l'agent Harris des Services Secrets, celui-ci se met en chasse pour retrouver 'Leagrenot', comme l'écrit le San Francisco Examiner du 23 juillet 1895. Ici, il faut préciser que les Services Secrets des Etats-Unis sont l'administration qui a donné naissance au bien connu FBI créé en 1908 par Charles-Joseph Bonaparte-Patterson, petit neveu de Napoléon 1er et procureur général sous la présidence de Théodore Roosevelt. Nous conserverons ici la terminologie que nous la rencontrons dans les journaux de l'époque.
Glass, le chef de la police de Los Angeles disposait d'une description détaillée de 'Leagrenot' et le 22 juillet, l'agent Dudley Harris reçoit de lui une lettre l'informant que l'homme que tout le monde recherche se trouve où il n'a nullement besoin de son équipement de faussaire. Voici ce qu'écrit le chef Glass :
'Je viens de recevoir votre lettre du 16 concernant un certain Emile Menneglier, alias Emile Lengrognet. Je suis en mesure de vous répondre que votre homme se trouve en ce moment au pénitencier de Folsom. Il y a été envoyé depuis notre ville le 27 juillet de l'an passé à la suite de sa condamnation pour cambriolage commis ici le 1er juillet 1894.
Je joins une photo de l'homme qui a été jugé et condamné sous le nom d'Emile Langrounet, mais entre temps, on m'a informé que son nom s'écrit Lengrognet. Vous verrez que, mis à part le fait que son poids est très inférieur à celui que vous me donnez, cet homme répond à votre description. Il a signalé au moment de son arrestation qu'il venait d'être malade et que son poids était inférieur à son poids habituel. La photo jointe est une photo de bonne qualité de l'homme qu'il était il y a un an.'

Après sa sortie de prison, il devrait être 'réarrêté' ('rearrested') pour fabrication et écoulement de pièces de 5 $ mais nous n'avons pas trouvé trace d'une arrestation à ce propos : lorsqu'il commettra son prochain délit, quelques mois après sa libération, il est libre de ses mouvements, .

- 1898 (28 février) : libéré de la prison de Folsom où il était incarcéré depuis le 30 juillet 1894.

*** 3 - Folsom 2

- 1898 (10 juin) : Il n'y a pas quatre mois qu'il a recouvré la liberté qu'il a de nouveau maille à partir avec la police… et la justice. Voici la scène telle que la décrit le San Francisco Call du 11 juin 1898. Une heure du matin à San Francisco, à l'angle de Leavenworth Street et de Jackson Street, l'agent de police Edwards remarque deux hommes au comportement suspect devant l'épicerie Andrew Anderson. On apprendra plus tard qu'il s'agit Frank Smith et August Normant, habitués du Plaza, sur Kearny Street. Dissimulé dans une encoignure, L'agent de police décide d'observer la suite des évènements, et lorsqu'il voit les individus tenter de forcer une fenêtre avec un pied-de-biche, il décide qu'il est temps d'agir et empoigne Normant. Smith s'enfuit et le policier donne l'alerte avec son sifflet. L'agent de police Williams prend le relais et se lance à la poursuite de Smith qu'il finit par rattraper. Pendant ce temps, Normant, agrippé par l'agent de police Edwards, sort un revolver de sa poche, mais avant qu'il puisse en faire usage, l'agent le lui arrache des mains. Normant est également en possession d'un pied-de-biche et d'un trousseau de clés. On va retenir les chefs d'accusation suivants : tentative d'effraction, détention d'arme et possession de matériel de cambriolage. Quelques heures plus tard, il est reconnu coupable par le tribunal présidé par le juge Joachimsen mais la peine prononcée dépendra de l'appréciation du délit par la Cour supérieure devant laquelle les deux individus devront répondre de leurs actes, la caution ayant été fixée à 2000 $ chacun.

- 1898 (13 juil) : Emil Menneglier, alias August Normant, condamné à 3 ans de prison pour tentative de cambriolage du 1er degré (tentative d'intrusion nocturne dans l'épicerie de A. Anderson, 1501, Leavenworth street). Ironie du sort, Leavenworth, c'est là qu'il 'emménagera' dans une toute nouvelle prison, quatorze ans plus tard.

- 1899 : à la prison de Folsom, il forme un nouveau gang de faussaires avec deux autres détenus, Harry Peterson, alias Frank Sanders, alias William Siefert et Hermann Shumps, alias Hermann Miller)

- 1900 (15 nov) : sort de la prison de Folsom. Il va travailler comme serveur et cuisinier dans divers restaurants, comme 'vegetable cook' au Pacific Union Club, ainsi qu'au Merchants' Club.

- 1901 : il a repris son activité de faussaire, le gang auquel il appartient écoule pour environ 10 000 $ en pièces d'un demi et d'un quart de dollar en un an.

*** 4 - San Quentin 2

- 1902 (samedi 1er novembre) : L'ensemble du gang est arrêté par l'agent des services secrets Hazen et ses assistants, Harry Moffatt et Thomas Foster. Il s'agit de :
- Harold Jones, alias Ernest Jones, un jeune Anglais de vingt ans qui a eu le malheur de faire la connaissance du gang il y a deux ans. On ne le considère pas comme un criminel, il n'a pas de casier judiciaire, on lui attribue une bonne nature, bien qu'il se soit laissé entraîner par ses mauvaises fréquentations. Il promet aux policiers de témoigner en justice et de révéler tout ce qu'il sait des affaires du gang.
- Frank Sanders, alias William Siefert, alias Harry Peterson. On le considère comme la tête du gang.
- Herman Schmult, ou Shump selon les journaux, alias Henry Miller. Il est morphinomane et fréquente assidument l'Olympia Theater. Il habite 454A, Minna street, dans une maison qui, comme celle d'Emile Menneglier, est à l'abri des regards indiscrets : elle ne donne pas sur la rue mais sur l'arrière des immeubles. Quand il est arrêté, on trouve dans son agenda une adresse, 'Frank, 215 Perry Street', dont il nie connaître la signification.
- Emile Menneglier : c'est en se rendant à l'adresse 215, Perry Street que la police l'arrête en flagrant délit, en plein travail de faussaire : il est en train de fabriquer des moules. Le San Francisco Call du 2 novembre 1902 fait de l'arrestation une scène à sensation : le Français, dans un effort désespéré, tente de fermer la porte au nez de ses poursuivants, ils entrent de force et le menacent de leurs pistolets avant qu'il ne puisse s'échapper. Il fait une vaine tentative pour atteindre le tiroir d'un bureau, qui contient 300 $ en pièces neuves d'un quart et d'un demi-dollar, dans le but de les cacher, mais on le menotte et on le force à s'asseoir sur une chaise tandis qu'on fouille la pièce. On y trouve plus de cinquante moules en plâtre de Paris. Dans la chambre voisine, sur le lit, on trouve six moules et contre-moules tout juste terminés et mis à sécher sur une planche. Partout, de la fausse monnaie, sous le lit, des piles de pièces, dans le bureau, une centaine de rouleaux de pièces prêtes à être écoulées, des boîtes de pièces à terminer, les métaux utilisés pour la fabrication, des acides, des solutions électrolytiques, des poches à couler, des creusets, une quantité de passe-partout, des clés de pensions, selon l'agent Hazen, l'ensemble le plus important et le plus complet qu'il ait vu depuis dix ans : tout un outillage de cambrioleur (pied-de-biche, passe-partout…) et de faussaire : 100 moules, 22 pièces échantillons, du métal, de l'étain, de l'antimoine, des limes, des presses et divers outils de faussaire, ainsi que des milliers de fausses pièces : 1928 'quarters' et 1474 'half-dollars'. On trouve même ces détails dans un journal de Buffalo, dans l'Etat de New York, à plus de 4000 km de San Francisco.

Les fausses pièces sont de bonne qualité, le listel excellent et l'apparence générale bonne, ce qui suffit en général lors d'un coup d'œil superficiel. Les pièces sont plutôt légères en raison de l'antimoine et de l'étain utilisés à la place de l'argent, pour leur fabrication.

Le gang s'est formé en prison en 1899. Il avoue fabriquer des fausses pièces depuis 6 mois, dans l'intention de les écouler pour 5000 $. Jusqu'à il y a un mois, il travaillait comme cuisinier (vegetable cook) au Pacific Club. Ils ont inondé de fausse pièces la côte ouest des Etats-Unis. On les trouve à Tacoma, Seattle, entre autre à l'occasion du 'Elks carnival' c'est de cette ville que partent les indices qui permettent de les arrêter à San Francisco. On les soupçone d'avoir une activité parallèle de cambrioleurs à la sauvette car ils sont tous trouvés en possession d'un passe-partout.

Les rôles sont clairement répartis, il y a le 'maker', le fabricant, en l'occurrence Emile Menneglier. Ensuite Sanders, le 'dealer', il a en poche une douzaine de pièces d'un demi-dollar et envoie le 'floater', ,Jones ou Shump dans un magasin, tandis qu'il attend au dehors. Au cas où une pièce soit reconnue comme fausse, Sanders disparaît et son complice dans le magasin n'a que la pièce douteuse sur lui, si bien que même arrêté par la police, on n'a pas grand-chose contre lui. Invariablement, la fausse pièce est acceptée et utilisée pour effectuer un achat n'excédant pas 5 ou 10 cents (une dime ou un nickel), le commerçant rendant la monnaie en bon argent américain. C'est ainsi qu'on retrouve des centaines de paquets de tabac et de chewing-gum dans l'appartement d'Emile Menneglier

Le propriétaire de l'appartement de Perry Street, John Nadal, est cuisinier au Pacific Union Club. Il a l'habitude de rendre visite à Emile Menneglier. C'est également le cas d'un certain John Tauzia, porteur au restaurant Delmonico, O'Farrell street. Tous deux sont arrêtés, mais ils jouissent d'une bonne réputation et on n'a aucune preuve de relations délictuelles avec le gang et ils sont remis en liberté.
xxxxx://commons.wikimedia.org/wiki/File:Elks_Carnival_arch_on_1st_Ave,_Seattle,_Washington,_1902_(KIEHL_30).jpeg
xxxxx://pauldorpat.com/2018/03/24/seattle-now-then-an-elks-carnival-1902/
Le 16 novembre, Thomas B. Foster, 'assistant secret service agent' reçoit une lettre de félicitations de Washington : il est promu 'special operator' à la suite de l'arrestation du gang Jones-Sanders-Menneglier.

- 1903 (5 février) : reconnu coupable par le tribunal de district

- 1903 (21 février) : condamné à 10 ans de prison à effectuer à la prison d'Etat de San Quentin (enregistré le 4 mars), numéro d'écrou 30013.

- 1908 (21 juin) : libéré ('discharged') de la prison de San Quentin.

*** 5 – Huntsville

- 1910 (début juillet) : Emile / Auguste est en liberté depuis deux an. Il a pris la précaution de s'éloigner de la Californie : il a traversé tout le sud des Etats-Unis – environ 2800 km – pour se fixer à San Antonio, au Texas. Malheureusement, les années passées en prison ne lui ont pas servi de leçon, et comme en 1895, une arrestation pour cambriolage suivie d'une perquisition de sa chambre permet de découvrir tout un attirail de faussaire. Les journaux de la région – Argus Leader (Dakota du Sud), Austin American Statesman (Texas), The Missoulian (Montana), The Pittsburgh Headlight (Kansas), The Springfield News-Leader (Missouri) –donnent un certain nombre de détails tandis que le Francisco Call s'en fait l'écho dans un bref article rappelant qu''Emil Menneglier avait inondé la côte du Pacifique de fausses pièces huit ans auparavant'. Voici ce qu'on apprend dans la presse du 9 juillet : August Normant a été arrêté il y a quelques jours. Dans sa chambre, on découvre 172 $ en fausses pièces et une grande quantité d'objets volés, pour la plupart des vêtements et des cigares. Son outillage de faussaire consiste en deux moules en cuivre destinés à la fabrication de pièces d'un demi et d'un quart de dollar, des quantités considérables d'étain, de cuivre, d'argent et d'autres métaux, des creusets, des pare-feu, du plâtre de Paris ainsi que des produits chimiques, entre autre du cyanure de potassium. Plusieurs boîtes contenant les rebuts indiquent que les 'ouvriers' ont fabriqué des quantités considérables de fausse monnaie. Les fausses pièces sont considérées par les autorités comme les meilleures imitations jamais réalisées, tant en ce qui concerne la qualité que l'exécution. Les arrestations ont été réalisées par les services de police de la ville après que les Services Secrets Fédéraux – le sigle FBI est encore inusité – ont suivi toute sorte de pistes pendant plus d'un an. C'est surtout dans les semaines précédant l'arrestation que les plaintes se sont amoncelées suite à l'apparition de fausses monnaies dans une grande partie de la ville.


- 1910 (27 novembre) : August Normand # 31243 admis à Huntsville Prison, Walker, Texas, n° d'écrou 31242. Le tribunal de San Antonio, comté de Bexar, l'a reconnu coupable de vol supérieur à 50 $ (cambriolage) en deux occasions, et l'a condamné à deux peines de prison de 2 ans, donc à un total de 4 ans de prison.

- 1914 (7 mai) : remis en liberté formelle et surtout théorique. Il a 56 ans.
Texas State Penitentiary at Huntsville: xxxxx://easttexashistory.org/items/show/41

*** 6 - Leavenworth 1

- 1914 (8 mai) : Tribunal de San Antonio, Texas –. Il est condamné à 3 années de prison à effectuer à la prison fédérale de Leavenworth, Kansas, pour recel de contrefaçon du 6 mai et contrefaçon du 5 mai 1910, de pièces de ¼ $ et ½ $. On peut noter ici deux choses : d'abord, jusqu'à présent, Emile avait purgé ses peines dans des prisons d'Etat, Californie et Texas alors que cette fois, il est incarcéré dans un prison fédérale car la contrefaçon est précisément un crime fédéral puisqu'elle touche la monnaie des Etats-Unis. Ensuite, on remarquera que des faits délictueux commis et découverts au même moment sont jugés séparément. Dans le cas présent, Emile est d'abord jugé pour cambriolage en 1910, incarcéré, et sa peine accomplie, il est de nouveau jugé – quatre ans plus tard – pour contrefaçon et de nouveau condamné et emprisonné.

- 1914 (30 mai) : incarcéré à la prison fédérale de Leavenworth, Kansas, numéro d'écrou 9019.
Motif : tentative de fabrication de fausses pièces. Condamnation du 'Western District, Texas, San Antonio'. Taille : 1,65 m, poids : 65 kg, teint : cireux, dentition : correcte. Double hernie maintenue par un bandage, cicatrice au niveau de la thyroïde (opération 30 ans plus tôt)
xxxxx://www.youtube.com/watch?v=eQVdoVF6vNg
- 1914 (8 août) : il s'abonne pour un an (édition quotidienne et du dimanche) au Washington, D. C. Star, pour la somme de 5,20 $.
(22 septembre) : il commande un atlas de l'Europe (16 pages) à l'Evening Star, Washington.
- 1915 (23 août) : il s'abonne au Kansas City Journal, Missouri (7 numéros) pour 3,20 $. La guerre a été déclarée en France le 29 juillet.
- 1916 (19 septembre) : remis en liberté (détention incompressible jusqu'au 10 septembre 1916, n'a pas bénéficié de libération conditionnelle, possible le 29 mai 1915).

*** 7 - Leavenworth 2

1916 (septembre) : arrêté à Oklahoma City.

- 1917 (2 mai) : le tribunal d'Oklahoma City le condamne à deux peines (confondues) de 5 ans de prison, à effectuer à la prison fédérale de Leavenworth, Kansas. Il a 59 ans.

(12 juin) : incarcération au pénitencier fédéral de Leavenworth, Kansas. Numéro d'écrou : 11786. Il mesure 1,65 m et pèse 59,42 kg. Hernie inguinale gauche corrigée par un bandage, dents en mauvais état. Chique, fume, boit.

(26 octobre) : examiné par l'oculiste de la prison, le 31, lettre du directeur de la prison au procureur général signalant la presbytie du détenu, qui l'empêche pratiquement d'effectuer quelque travail que ce soit, et demandant l'autorisation de dépense pour des verres correcteurs auxquels il n'a légalement pas droit après seulement cinq mois de détention. Autorisation accordée le 5 novembre.


- 1921 (6 janvier) : remise en liberté – au lieu du 1er mai 1922. Remise de peine de 480 jours (a travaillé comme aide cuisinier). Il règle les 2 € d'amende liés à sa double condamnation. Il aura 63 ans une semaine plus tard, le 12 janvier.
Il reçoit 10 € et ses objets personnels : un rasoir duplex, un livre de poche, boutons de col, boutons de manchette, une piece porte-bonheur, argent personnel 1,60 €

Nous perdons sa trace après cette date , il aura 63 ans dans une semaine. Il n'est fait aucune mention de lui dans les journaux de cette époque disponibles en ligne.


*********** Sources : Guy DECREUSE

O à Raze (70) le 13/01/1858 à 8 heures du matin vue 28/129
de MENNEGLIER Félix Augustin Emile (M) né le 12 à 8 heures du soir
- Fs de MENNEGLIER Félix 34 ans déclarant propriétaire à Raze signe
- et de NORMAND Françoise sans profession 26 ans son épouse
Parrain/témoin : NORMAND Jean Baptiste jeune 58 ans propriétaire à Raze signe
Marraine/témoin : LANGROGNET Jean Baptiste 37 ans cultivateur à Raze signe
Charpiot Ferréol adjoint
Crédits : 
ID du déposant : DAVID Gilles
Gestion : 

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